Brexit : où en sommes nous ?

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Voici trois mois que nos amis britanniques ont voté à la surprise générale pour une sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne. Qu’est-ce que cela a changé ?

  • Peu, diront certains : la livre sterling a certes dévalué –plus encore récemment-, ce qui a rendu les entreprises britanniques plus compétitives sur le marché international (index des produits manufacturés en forte hausse) et l’écroulement économique annoncé n’est toujours pas visible.
  • Tout, diront d’autres : alors même que le fameux article 50 n’est pas encore initié, les derniers sondages auprès des entreprises britanniques font entrevoir des prévisions fortement à la baisse et des réductions d’emplois. La récession serait déjà en marche. Et l’Union Européenne est formelle en ce qui concerne les négociations : pas de marché commun sans liberté de mouvement des personnes.

Alors qu’en est-il vraiment ? Sans doute une réalité qui se situe entre ces deux positions extrêmes ; si les effets d’un potentiel Brexit ne se sont pas encore vraiment fait sentir, c’est peut-être simplement parce que nous sommes encore loin d’en connaître les conséquences. Les banques de la City vont-elle perdre leur ‘Passeport Européen’ ? (C’est à dire le droit d’opérer dans la zone euro à partir de Londres). Le Royaume Uni va-t-il aller vers plus de protectionnisme commercial comme cela semble être le cas de beaucoup d’autres pays dans le monde ? Et les négociations vont-elles vraiment pouvoir aboutir en seulement deux ans comme le prévoit le traité de Rome ?

Trois mois après, nous ne sommes donc guère plus renseignés sur les conséquences potentielles d’un Brexit. Plus encore, la question même de l’application du vote des britanniques reste ouverte. Si Thérésa May continue d’affirmer ‘Brexit means Brexit’, et qu’elle déclenchera ce fameux article 50 d’ici mars 2017, d’autres voix rappellent le flou juridique qui pourrait imposer un vote du parlement –aujourd’hui majoritairement contre le Brexit- voire un deuxième référendum…

C’est dans ce contexte d’incertitude que la voix de la raison économique doit s’exprimer fortement en rappelant l’importance des relations commerciales entre le Royaume Uni et l’Europe, et en particulier avec la France. Et il est de l’intérêt de tous de s’inscrire dans la continuité et d’éviter toute rupture brutale (‘no cliff edge’) comme l’a rappelé Lord Price, nouveau ministre du commerce extérieur lors d’une récente visite à Paris.

Nous savions qu’un vote en faveur du départ du Royaume Uni de l’Union Européenne serait un saut vers l’inconnu. Que l’on soit optimiste ou pessimiste sur cet avenir, il est de notre devoir de le préparer au mieux, de défendre nos relations historiques et de s’attacher à préserver notre entente cordiale.

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Olivier Campenon, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Britannique

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About Author

Olivier Campenon is the new President of the Franco British Chamber of Commerce & Industry starting in 2016.

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