19 novembre 2020

Chambre franco-britannique (FBC) : Comment le Brexit a-t-il affecté votre entreprise ? Et existe-t-il un événement, une crise, une statistique ou un problème particulier qui pourrait démontrer concrètement cet impact ?

Dominique Mathern (DM) : Bien que le Royaume-Uni soit le deuxième partenaire commercial maritime de notre port, le Brexit a eu jusqu’à présent peu d’impact sur nos volumes. Cela est compréhensible, car l’impact réel du Brexit ne se fera sentir qu’à partir du 1er janvier de l’année prochaine. En outre, nous ne nous attendons pas à ce qu’Anvers soit touché dans la même mesure que les ports côtiers (Calais, Zeebrugge, Rotterdam, …) : contrairement à ces derniers, nous ne sommes pas un port de ferry où l’on peut s’attendre à la plupart des embouteillages. Les principaux volumes que nous échangeons avec le Royaume-Uni concernent le vrac liquide (lié à notre fameux cluster chimique) et les marchandises conteneurisées. C’est précisément dans ce dernier segment que nous voyons une opportunité : après tout, nous nous attendons à un passage important du transport accompagné (lire « ferry ») au transport non accompagné (lire « conteneur »), en raison de la fluidité du trafic de ce dernier.

FBC : A votre avis, comment se présentera la coopération franco-britannique dans votre secteur après Brexit ?

DM : Accord ou pas, la sortie du Royaume-Uni de l’UE et de l’union douanière en fera un pays tiers d’un point de vue européen. Nous pensons que notre situation unique et notre connectivité avec l’arrière-pays européen (y compris la France) nous permettront de consolider et même d’améliorer la position de notre port en tant que porte d’entrée et de sortie de la Grande-Bretagne. Le plus grand danger est que si aucun accord n’est conclu, pour de nombreuses entreprises des deux côtés de la Manche, leur plan d’affaires pourrait disparaître en raison de coûts plus élevés et de marchés plus petits. C’est pourquoi il est très important qu’un accord équilibré soit conclu dans les semaines à venir.