
En réaction à la décision de la Banque d’Angleterre de maintenir ses taux d’intérêt inchangés, David Bharier, directeur adjoint du département Économie et Analyses de la Chambre de commerce britannique, a déclaré :
« Ce maintien des taux d’intérêt était attendu et sera bien accueilli par les entreprises. Cependant, compte tenu de la forte vague de ventes d’obligations qui fait grimper les coûts d’emprunt de l’État et de la nouvelle hausse des cours du pétrole liée aux attaques contre les oléoducs, il s’agit d’une décision à caractère « hawkish ».
« Jusqu’à présent, cette volatilité n’a pas entraîné les effets de second tour redoutés par la Banque. La croissance des salaires s’est modérée et, à 3,1 %, l’inflation reste maîtrisable avec le taux d’intérêt actuel. Toutefois, une forte hausse de l’incertitude signifie toujours qu’une inflation supérieure à l’objectif reste un risque. »
« La différence par rapport à la crise des prix de 2022 réside dans le fait que les entreprises sont bien moins à même d’absorber de nouvelles hausses salariales. À elle seule, la charge patronale au titre de l’assurance sociale a augmenté d’environ 45 % depuis le budget de 2024, ce qui accroît la probabilité que les entreprises réduisent leurs effectifs ou se tournent vers l’IA pour stimuler leur croissance. Ainsi, selon nos dernières prévisions, le chômage devrait atteindre 5,4 % d’ici 2027. »
« Pour la plupart des entreprises, la véritable pression réside dans les coûts imposés par les mesures politiques. Certains sont d’ordre mondial, liés au Brexit et aux droits de douane, mais notre calculateur de coûts globaux montre que les plus lourds sont nationaux et principalement liés au coût global de l’emploi. »
« Augmenter le coût de l’emprunt ne change en rien cette situation ni le prix de l’énergie importée. Mais alors que la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne ont toutes deux relevé leurs taux d’intérêt ces derniers jours, la Banque d’Angleterre pourrait se trouver confrontée à une pression croissante pour agir. »
« Comme la Banque le souligne dans ses propres rapports, nos données montrent clairement que la conjoncture économique s’affaiblit, les intentions d’investissement ayant atteint leur plus bas niveau depuis le début de la pandémie. »
« Le budget d’octobre s’annonce comme un tournant décisif. Il devra trouver un équilibre délicat entre la réduction des coûts d’activité et le maintien de la confiance des marchés obligataires. Si le ministre des Finances échoue dans cette tâche, le moral des entreprises et la croissance continueront de stagner. »
Pour plus de détails sur la décision de la Banque, cliquez ici.


